Posté le 06.03.2008 par parolesducaillou
Où sont-elles ?
Où sont-elles toutes ces couleurs ?
Celles qui font que les grands mères chantent
Celles qui font que les enfants dansent
Où sont-elles ?
Les couleurs du bonheur
Sur les ailes du papillon
Envolées
Les couleurs dans mon coeur
Prisonnières du passé.
Regarde
Aussi loin que tu peux voir
Ces tâches de rouge éclatant
Celui des flamboyants
Chacun a son histoire
Regarde encore
Tu verras sur le chemin
Au matin, le jaune d'or
Au coeur des frangipaniers.
Envolées
Les couleurs et les traces
Mes voeux non exhaucés.
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Posté le 24.01.2008 par parolesducaillou
Plus je m'éloigne de toi
et plus résonne au fond de moi
le murmure de l'eau
le souffle du vent
et les rires de tes enfants
Terre de mon enfance
tu as gardé mon coeur
mon âme et mes rêves
et loin de toi la souffrance
et loin de toi la douleur
Terre de soleil et de feu
tu as guidé mes gestes
tu as éclairé mon chemin
et aujourd'hui il ne me reste
que ton souvenir et mon chagrin
Posté le 16.01.2008 par parolesducaillou
Le sentier part du village
vers l'est
mes souvenirs sont vagues
flous, dispersés
pourtant je sens encore la chaleur du soleil
le vent salé et les branches égarées
qui lacèrent le visage
les cailloux sous mes pieds
j'entends toujours le chant des oiseaux
et le mumure du ruisseau
au creu de la vallée
où l'on ne va jamais
et l'odeur de la forêt
allant s'épaississant
et je donnerai tout
pour revoir ces images
pour refaire le chemin
qui part du village
et se perd dans la vallée
pour revivre mes pas
sur ce sentier
Posté le 15.01.2008 par parolesducaillou
là où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d'une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l'espace et lève
à rebours la face du temps
là où l'arc-en-ciel de ma parole est chargé d'unir demain
à l'espoir et l'infant à la reine,
d'avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d'avoir gémi dans le désert
d'avoir crié vers mes gardiens
d'avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave de sa fragile queue
de paon puis se déchirant la chemise s'ouvre d'un coup
la poitrine et je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre peu à peu dans la mer
lucide de l'air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
Posté le 15.01.2008 par parolesducaillou
Editions Grain de Sable Jeunesse et Centre Culturel Tjibaou
Méyénô est le deuxième album d'une série de contes kanak contemporains,illustrant l'émergence d'une littérature destinée à la jeunesse calédonienne.
Réséda Ponga est originaire de Kouaoua et est née le 31 mai 1978.
Dans ce conte, elle récite l'histoire de ce petit garçon, du pays du ruisseau, qui est trés curieux, son nom signifie d'ailleurs celui qui "recherche la parole". Son grand père répond à ses questions mais pas à toutes. Aussi l'enfant suivra t il la rivère pour aller jusqu'à la mer pour chercher ses propres réponses.
Les thêmes abordés sont universels d'après Réséda Ponga mais on les retrouve particulièrement dans la culture Kanak : tout d'abord l'eau, la source de la vie, la volonté de méyénô, d'aller vers la mer qui représente dans cette culture le séjour des morts. "La mort n'est pas tragique pour nous Kanak" dit Réséda Ponga. "Il y a différentes façons de voir la mort. Dans le cas de Méyénô il y retrouve son grand père".
Posté le 15.01.2008 par parolesducaillou
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.
Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.
Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur ?
Posté le 15.01.2008 par parolesducaillou
Je te revois assis là
Chaque jour au même endroit
Auprès du grand sapin
Le vent, le soleil, la pluie
Rien ne perturbait ton regard
Fixé sur la mer, et au delà,
Veillant sur les hommes, les tiens,
Chantonnant, murmurant des paroles
Qui appartiennent à un autre temps
Semblant hors de notre espace
Mais tu l'étais sans doute
J'aurais voulu savoir
Mais ça ne s'apprend pas
J'aurai voulu entendre
Mais ça ne s'entend pas
Je te revois assis là
Grand père.
Taillant tes morceaux de bois
Dans le gaïac au doux parfum
Je bénis ce jour où tu as tendu la main
J'ai regardé derrière moi
Il n'y avait personne
Une force m'a emmenée auprès de toi
Sous le grand sapin
Tes mains abîmées je m'en souviens
Et tu as regardé encore là-bas
J'ai regardé aussi
Je n'ai pas entendu ta voix
Mais j'ai compris
Posté le 15.01.2008 par parolesducaillou
WAMO Tan Paul, originaire de Nang, Lifou, né le 9 novembre 1981 à la tribu de Xepenehe.
Ne jamais abandonner le bout de son chemin
Ne jamais se dire que ça ne sert plus à rien
Le suivre demain puis après-demain puis après-après demain
Le suivre comme un fou qui aime le jour
Avançer même quand le ciel nous tombe sur la tête
Espérer toujours qu'un jour l'amour vaincra la bête
Croire encore et encore croire que le coeur n'est pas mort
La nuit viendra d'abord
Puis le jour plus resplendissant effacera nos torts pour nous rendre plus fort
Ne jamais abandonner le bout de son chemin Le suivre comme un fou qui aime le jour
Le suivre comme un fou qui croit toujours qu'il arrivera jusqu'à la fin
Posté le 15.01.2008 par parolesducaillou
Chante, petit enfant, chante
Continue de chanter dans mes souvenirs
Chante, petit enfant, chante,
Danse et continue de sourire.
Tes rires résonnent dans ma tête
Et chaque jour ils me donnent le soleil
Ce soleil qui ne brille plus dans mon ciel
Tes rires, il ne faut pas qu'ils s'arrêtent.
Chante, petit enfant, chante,
Pour tous ceux qui ne savent pas
Pour tous ceux qui ne croient pas
Chante la vie de ta fragile voix.
Posté le 15.01.2008 par parolesducaillou
Il n'y a pas plus bel endroit au monde
Le temps s'arrête, tout est figé
Mais non pas elle.
Parfois elle est calme, parfois elle gronde,
Mais je l'ai aprivoisée,
Ou peut être elle.
Elle me conte les histoires d'avant,
Ceux qui sont passés là,
Et leurs traces.
Elle m'apprend le chant du vent,
Elle suit mes pas,
Et les efface.
J'ai passé tant d'heures à ses cotés,
Elle m'a donné sa confiance
Et j'en suis fière.
Elle est mère d'humilité, fille de vérité,
Elle est toute mon enfance,
Ma rivière.